1649** 350**1999
COMMÉMORATION
                French text only
Allocution du Grand Chef de la Nation huronne-wendat de Wendake, monsieur Wellie Picard "Tahourenché" Le point du jour.

Hurons-Wendat d'Amérique, Grands Chefs, Chefs, Chefs spirituels, Anciens, frères et soeurs Wyandot, membres des Premières Nations, messieurs les Maires, compatriotes, distingués invités.

C'est dans le respect de notre culture et de nos traditions séculaires que le Conseil de la Nation huronne-wendat de Wendake a accepté de s'associer à l'organisme culturel "Agondachia" pour ces événements commémoratifs historiques entourant le 350e anniversaire de la dispersion de notre Peuple.

Je suis à la fois triste et heureux de fouler ce sol de nos Aïeux, de pouvoir avec les miens tisser des liens d'amitié avec les fiers descendants de ceux qui furent jadis les Maîtres incontestés de ces lieux.

Notre histoire s'étend sur plusieurs millénaires. Les Hurons-Wendat ont joué un rôle de premier plan et ont occupé une place privilégiée dans l'histoire de la Nouvelle France.

Depuis des temps immémoriaux, nos Ancêtres habitèrent les terres le long des rives de la Baie Georgienne. Il s'agissait d'une région fertile, adéquate pour l'économie de subsistance basée sur l'agriculture, la chasse et la pêche.

Ce pays, Wendake, communément appelé " La Huronie" par les explorateurs Français a été le carrefour de toutes les Nations circonvoisines. Le mode économique et la vie sédentaire qui les caractérisaient, les orientèrent vers une organisation politique et sociale fondée sur des principes démocratiques. Il y avait une Confédération formée de quatre Nations avec une population d'au moins 40 000 membres et répartie dans une vingtaine de villages dont celui d'Ossossane.

Au XVIIe siècle, à l'époque de l'effervescence de la traite des fourrures, ils furent les principaux partenaires des commerçants Français. Cependant leurs fréquents contacts eurent des conséquences tragiques, ces marchands et explorateurs ont introduit avec eux toute une série de maladies contagieuses contre lesquelles notre peuple n'était pas immunisé.

1649, millésime fatidique dans notre mémoire collective. Cet endroit fut témoin de la dispersion de nos Nations et de la chute de l'une des plus puissantes Confédérations du Continent.

Cruellement éprouvés par les épidémies, la famine et les conflits, ils s'éloignèrent de ce pays d'origine pour se joindre aux Nations parentes tandis qu'un petit groupe entreprenait le long périple vers Québec.

Pendant près d'un demi-siècle, environ cent cinquante membres de la Nation "Attignenongnahac" "La Corde" demeurèrent dans de nombreux endroits dans la région de Québec. À l'automne de 1697, ils se fixèrent définitivement sur les berges de la rivière Kabir-Kouba à l'emplacement de notre actuel Wendake.

Nous sommes situés à une dizaine de kilomètres au Nord de la Ville de Québec et notre territoire comprend une centaine d'hectares. Près de 1 200 personnes vivent à Wendake, environ 1 700 membres demeurent à l'extérieur de notre communauté.

De tout temps, les Hurons-Wendat ont accordé un intérêt soutenu à la fabrication d'objets utilitaires et au fil des ans, nos entreprises manufacturières et commerciales se sont acquises une réputation internationale. Je vous invite à venir découvrir notre histoire, notre patrimoine, nos savoir-faire traditionnels.... notre hospitalité est proverbiale.

Au nom du Conseil de la Nation huronne-wendat et en mon nom personnel, je remercie les organisateurs de cet événement commémoratif, la Société Agondachia, ainsi que les nombreux collaborateurs: le Parc de Sainte-Marie des Hurons, le Sanctuaire des Martyrs canadiens, le Musée Royal de l'Ontario, la municipalité de Midland, tous ceux et celles qui ont contribué à faire de ces célébrations, une réussite.

Thiawenk,

Le Grand Chef de la Nation Huronne-Wendat,

Wellie Picard
"Tahourenché" "Le point du jour"

Wendake, La Huronie, ce 28 août 1999